Un problème
majeur dans le traitement de données satellitaires
ou aériennes est la mise en correspondance spatiale
de ces données avec un modèle de référence
qui peut être une carte ou plus généralement
une autre image. Dans ce contexte, la problématique
abordé ici porte sur le recalage de deux images et
ou cartes sans connaissance a priori sur les capteurs ou les
projection utilisées. Une contrainte également
importante est la possibilité de mettre en correspondance
des images de résolution spatiale différentes.
Dans ces conditions,
le modèle de déformation est de façon
classique établi sous contrôle d'un opérateur
qui désigne des points d'appuis entre les deux images
(identification de couples de pixels correspondant a la même
réalité terrain). Une approche statistique (approximation
au sens des moindre carrés) permet d'établir
un modèle polynomial. La qualité du résultat
obtenu par ce type d'approche peut être fortement influencé
par la densité des points d'appuis et de leur distribution
spatiale dans l'image.
Pour limiter ces problèmes,
la méthode qui a été développé
permet d'intégrer non seulement des objets ponctuels
mais également des objets linéaires tels que
des routes. Dans un premier temps, les objets linéaires
sont utilisés pour évaluer la qualité
du modèle obtenu à partir des points d'appuis.
Ils permettent d'apporter une mesure beaucoup plus significative
que les résidus du polynôme. Dans un deuxième
temps, les objets linéaires sont utilisés comme
des milliers de points d'appuis: une technique de mise en
correspondance de graphes est utilisée pour optimiser
le modèle en considérant d'une part les points
d'appuis ponctuel et d'autre par les objets linéaires.
Une autre caractéristique
essentielle de la méthode porte sur le modèle
utilisé. Dans le cas d'images présentant des
déformations importantes (par exemple à cause
de variations du relief) ou de l'utilisation d'une carte qui
ne correspond pas à la réalité, un modèle
polynomial reflète difficilement ces déformations.
Une possibilité est de choisir un polynôme de
degré supérieur, néanmoins cela se traduit
généralement pas des erreurs considérables
lorsque la distribution des points d'appuis est insuffisante.
L'approche que nous avons adoptée est le basé
sur le concept de modèle local. Une correction locale
est appliquée en fonction des résidus obtenus
sur les points mis en correspondance. Ce principe permet de
garantir un modèle qui respecte les contraintes de
l'opérateur. Cette technique permet également
d'améliorer considérablement les résultats
lorsqu'un modèle d'altitude est disponible pour l'image
de référence. Dans ce cas, la correction locale
est pondérée en fonction de l'altitude.
Cette problématique,
a conduit dans le cadre d'un contrat pour le WEU/SC, au développement
d'un logiciel appelé GEORIS. Un effort particulier
a porté sur l'évaluation de la méthode.
L'intérêt de l'approche a été démontré
sur de nombreux cas concrets. En particulier lorsqu'un modèle
d'altitude est disponible, une recalage quasi parfait est
obtenu sur des zones fortement montagneuses. L'utilisation
d'objet linéaires permet d'améliorer considérablement
les résultats lorsque peu de points d'appuis sont disponibles.
D'un point de vue exploitation du modèle, l'outil a
été conçu de façon à permettre
l'exploitation du modèle sans nécessiter un
ré-échantillonage de l'image. Cet aspect est
essentiel dans les taches de photo-interprétation.
Ce logiciel est utilisé
de façon opérationnel par le WEU/SC ansi que
le JRC.
Contact :
Philippe
Garneson
pg@acri-st.fr
|