L'absorption
du rayonnement solaire par l'ozone est probablement
le phénomène physique le plus connu parmi
ceux à l'oeuvre dans la stratosphère. L'ozone
y est formé naturellement par photodissociation
de l'oxygène de l'air par le rayonnement solaire
UV, empêchant ce dernier de parvenir à
la surface et d'avoir des conséquences dangereuses
sur la vie. De plus, cette réaction étant
exothermique, elle est responsable de l'augmentation
de température avec l'altitude entre 10 et 50
km d'altitude ce qui confère à la stratosphère
sa stabilité du point de vue dynamique. D'autres
gaz présents dans la stratosphère, comme
le dioxyde de carbone, le méthane et la vapeur
d'eau (connus sous le nom de "gaz à effet de
serre") participent également à ce phénomène
de chauffage qu'on appelle "forcage radiatif". En modulant
la quantité d'énergie solaire disponible
dans la troposphère (la région comprise
entre la surface et 10 km d'altitude), l'ensemble de
ces gaz y modifient la circulation. Inversement, des
ondes issues des couches les plus basses de l'atmosphère
se propagent vers le haut et modifient la circulation
stratosphérique (et donc la distribution des gaz).
La stratosphère a été le théatre
de nombreux changements depuis 30 ans : changements
dans la chimie et la distribution d'ozone, présence
d'aérosols issus de deux éruptions volcaniques
majeures perturbant de facon durable les phénomènes
chimiques et radiatifs, changement dans la distribution
de vapeur d'eau et de température, modifications
de la circulation stratosphérique et altérations,
surtout en hiver, du climat des régions Arctique
et Antarctique. Toutes ces observations indiquent que
l'équilibre du système formé par la
troposphère et la stratosphère est en train
de changer.
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